Magic Mythos, épisode 1 : Les garçons

Il fait toujours beau à Mythos (*)

Propos introductif à l’usage du lecteur non initié :

Pour ta gouverne (expression injustement délaissée), Mythos est un festival dédié aux arts de la parole : conte, théâtre, récits, chansons… et plus si affinités.  Le cœur de Mythos bat au Cabaret Botanique, un superbe Magic Mirror tout de bois, de couleurs chaudes et de scintillements vêtu que l’on pose dignement chaque année au mois d’avril sur la grande pelouse du Parc du Thabor. Mais le pouls de Mythos bat aussi dans de nombreux autres lieux de la ville et des alentours.

Parce que le Thabor est un lieu idyllique, parce que Rennes est belle, parce que les bretons sont encore plus adorables et festifs que ce que la légende dit d’eux et aussi parce que je ne serais rien sans les mots et sans la musique, j’aime ce festival. D’autant que, cerise sur la galette saucisse, « il fait toujours beau à Mythos » (*) Citation empruntée à un grand philosophe rennais du nom de Monsieur Roux, dont tu peux écouter un échantillon d’œuvre ici).

Cette année, les festivités ont lieu du 13 au 22 avril. A l’heure où je  t’écris, les premiers jours sont passés mais il reste encore six jours de découvertes à faire et de belles émotions à vivre (et de bières à boire aussi). Tu trouveras le programme complet ici.

Petit retour sur les premiers instants de Mythos 2018 :

Ça a commencé ce vendredi 13 avril : les organisateurs ne sont donc a priori pas superstitieux. Lancement à 18h au Cannibale Cabaret Resto qui accueillera ensuite chaque jour  les Toqués de Mythos, volant gastronomique des festivités, à deux pas du Cabaret Botanique. Une inauguration des plus traditionnelles avec quelques allusions à Jacques Higelin et Bertrand Cantat dans les prises de parole officielles (mitoyenneté assez malencontreuse à mon goût). Mention spéciale néanmoins pour les discours qui furent de bonne tenue et de bonne longueur (traduction : sobre et court). Je ne me prononcerai pas sur la qualité des petits fours car j’ai malheureusement dû les abandonner à leur triste sort pour ne pas rater le début du spectacle de Fred Pellerin. En tout cas, ils étaient beaux et colorés. Je parle des petits fours. Même si Fred Pellerin n’était pas mal non plus.

Si tu as déjà vu un spectacle de Fred Pellerin, tu sais à quel point ce garçon est bourré de talents :

conteur de haut vol, conférencier non assermenté, guide touristique loufoque,  improvisateur  fou, inventeur sans limites de mots et d’expressions, auteur à l’imagination débordante, guitariste, compositeur, chanteur, … entre autres !

Si tu ne connais pas Fred Pellerin, sache que tu ne dois pas rester dans cet état … et que tu peux te renseigner là.

Pour le dire en quelques lignes, Fred Pellerin promène avec lui la belle parlure et le délicieux accent de son Québec natal. Originaire d’un tout petit coin de Mauricie nommé St Elie de Caxton, il en raconte, spectacle après spectacle, la genèse,  les légendes, les anecdotes et les potins à travers une brochette de personnages hauts en couleurs.

« Un village en 3 dés » présenté vendredi à Mythos est son sixième spectacle, sans compter ses tournées en tant que chanteur au Québec où ses spectacles sont complets en quelques heures… Son succès va aussi grandissant de notre côté de l’Atlantique et je te conseille de surveiller ses prochaines dates et de ne pas le rater la prochaine fois qu’il pointera ses petites lunettes et son rire communicatif près de chez toi. Par contre, ce ne sera pas pour tout de suite car sa date rennaise était la dernière de sa tournée française pour le moment.

Mais revenons à nos Mythos…

La suite de la soirée affichait complet depuis plusieurs mois et voyait se succéder Eddy de Pretto et Feu ! Chatterton.

Ah lala la belle programmation !

Eddy de Pretto c’est le phénomène du moment. Repéré aux Transmusicales en décembre 2016 puis grand vainqueur des Inouïs de Bourges en avril 2017, il vit une ascension fulgurante. Son premier album Cure, sorti début mars, s’est placé en tête des ventes dès sa première semaine. Situé à mi-chemin entre le hip-hop et la chanson française, Eddy de Pretto touche un public très varié : on ne doit pas être très loin des 12 à 72 ans ! Sa présence sur scène est aussi maximale que son dispositif est minimal. En effet, c’est sobrement accompagné de son téléphone portable (intelligent) et de son batteur (intelligent aussi), qu’il présente l’ensemble de ses chansons. Ce dépouillement met chaque note, chaque mot en valeur et souligne la qualité des textes et du propos. Eddy de Pretto est donc parfaitement à sa place dans un festival dédié aux arts de la parole.

Ma chanson préférée d’Eddy de Pretto depuis la première fois où je l’ai entendue au Gatsby Club de Rennes pendant les Transmusicales 2016, c’est ça :

Et d’ailleurs si tu lis mon interview d’Albin de la Simone ici, tu verras qu’il en dit aussi beaucoup de bien.

C’est donc aux cinq garçons de l’excellentissime groupe  Feu ! Chatterton qu’il reviendra de clore la soirée en beauté…

Et c’est à cet instant très précis que je m’aperçois qu’il n’y aura pas eu une seule fille sur scène entre 18h et une heure du matin ! Mais ceci est un autre sujet qui fera l’objet de l’épisode 2 de Magic Mythos (ceci est un teaser destiné à te faire revenir bientôt ou , mieux encore, à t’encourager à t’abonner au blog en cliquant sur le pictogramme vert avec la petite enveloppe marqué Follow (c’est de l’anglais).

Mais revenons à nos garçons…

C’est la troisième fois en quatre ans que Feu ! Chatterton enflamme la scène boisée du Cabaret Botanique. Leur passage au même endroit il y a 2 ans et les splendides caravanes qui servent de loges aux artistes leur ont même inspiré la chanson Grace, deuxième plage de leur nouvel album sorti début mars. Pour célébrer ce retour, ou pris par l’énergie de l’instant, Arthur en profita même ce vendredi-là pour se lancer dans le premier slam de sa carrière ! Les spectateurs qui le promenèrent à bout de bras pendant un long moment ne sont sans doute pas encore remis de leur surprise !

Mais que dire de plus sur Feu ! Chatterton ?

Que ce sont des garçons d’une intelligence, d’une musicalité et d’une présence rares ? Ou que leurs prestations scéniques sont époustouflantes ? Que l’écriture d’Arthur convoque la poésie du monde moderne ? Ou que Clément, Sébastien, Antoine et Raphaël sont tout entiers habités par leur musique ? Et que tout cela déborde d’une folle et saine énergie ? Mais tout a déjà été maintes fois écrit. Je me contenterai donc de dire que je les ai vus sur scène une bonne douzaine de fois en 4 ans et que j’y retourne dans dix jours au Printemps de Bourges parce que je ne suis toujours pas lassée… Tu n’es évidemment pas obligé.e de me croire. Mais tu peux profiter de leur tournée qui commence pour aller te faire ta propre opinion. Tu as le temps, les dates s’étalent déjà jusqu’à l’été 2019.

Ma chanson préférée de Feu ! Chatterton, depuis la première fois que je l’ai entendue au Chantier des Francos de La Rochelle en février 2014, c’est Côte Concorde :

Et sur le dernier album, je suis totalement accro au refrain entêtant et au clip de L’ivresse :

Mais la vérité vraie c’est que c’est sur scène que je les aime le plus… Alors tu sais ce qu’il te reste à faire !

Nous voilà maintenant samedi 14 (et toujours pas de fille sur la scène du Magic Mirror…).

Ce qu’il me restera de ce deuxième jour c’est le fabuleux concert de Gaël Faye. On sait depuis longtemps que le garçon écrit merveilleusement bien. Des chansons d’abord évidemment mais aussi un livre magnifique : Petit Pays, sorti l’année dernière, couronné de multiples prix littéraires et traduit dans un nombre sans cesse croissant de langues. Si tu es passé à côté, et si tu sais lire, précipite-toi ! En plus le livre existe maintenant en format poche, ton portefeuille te remerciera. Mais ce que l’on découvre au fur et à mesure des années, c’est que Gaël Faye est aussi un formidable artiste de scène. Et les votants des Victoires de la Musique 2018 ne s’y sont pas trompés, qui lui ont décerné le prix de la révélation scène, alors même qu’il concourrait aux côtés d’Eddy de Pretto et Fishbach.


Samedi soir, c’était le deuxième Mythos d’affilée de Gaël Faye.

D’ailleurs, dans le public, beaucoup étaient déjà là l’année dernière et se souviennent de la chaleur tropicale qui régnait sous le chapiteau ce jour-là.  Cette année , accompagné de ses deux musiciens dont l’incroyable Guillaume Poncelet au piano et à la trompette, Gaël Faye fait remonter l’ambiance et la température aux mêmes sommets que ceux que la météo quasi-estivale avait imposés il y a un an. Comme pour Feu ! Chatterton la veille, on ne sait pas vraiment ce qui épate le plus : la beauté des textes ? La qualité musicale ? La profonde humanité ? Ou la folle énergie qui se répand très vite de la scène vers la salle ? L’histoire retiendra que, les mêmes causes entrainant sans doute les mêmes effets, Gaël Faye se lancera lui aussi dans la foule pour une navigation inédite au bout des bras de spectateurs ébahis.

2 soirées, 2 slams : j’en arrive à me demander qui de Camille ou d’Anne Sylvestre relèvera le défi du stage diving dimanche soir (tiens des filles !) ?

C’est avec cet insoutenable suspense, et le court concert de Gaël Faye à l’Institut du Monde Arabe, que je te quitte, non sans te donner rendez-vous ici pour l’épisode 2 de cette saga qui verra (enfin) l’entrée en scène des filles.

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1 commentaire sur “Magic Mythos, épisode 1 : Les garçons

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