Martin Luminet, la force fragile

Je te dois la vérité : devineoujesuis.fr n’est pas Covid compatible.  

Pas vraiment raccord non plus avec les lives Facebook, les stories Instagram, les play-lists Deezer (ou Spotify) et les films sur petit écran.

Chez devineoujesuis.fr, on a besoin de lire le générique du film jusqu’à la dernière ligne dans une salle obscure, de regarder un à un les visages émus des comédiens qui saluent à la fin de la pièce, de sentir transpirer les corps des danseurs sur la scène et de battre la mesure en chantant (plus ou moins juste) pendant les concerts.

Et pourtant on s’est résolu à voir les salles fermer et les festivals jeter l’éponge les uns après les autres.

Pas de Mythos à Rennes, pas de Printival à Pézenas, pas de Printemps à Bourges, pas d’Air du Temps à Lignières, pas de 3 Éléphants à Laval. Plus de concert au Chantier des Francos. Pas de Feu ! Chatterton à L’Aire Libre, pas de Pomme au 6par4, pas de Gaël Faye à la Sirène. Pas de bière dans des gobelets recyclables, pas de bravos hurlés pour se faire entendre des musiciens, pas de dos en vrac et de pieds douloureux à force de rester debout.

Heureusement il y avait les souvenirs. Et, parmi eux, un garçon (formidable) qui s’appelle Martin Luminet.

Martin Luminet a la petite trentaine, il est auteur, compositeur et interprète. C’est le dernier artiste que j’ai interviewé avant que le pangolin ne décide de prendre sa revanche sur l’humanité. Il (Martin, pas le pangolin) achevait alors une session au Chantier des Francos et voilà ce qu’il en disait :

La première fois que j’ai rencontré Martin Luminet, c’était il y a 3 ans à Rennes pendant une tournée du Mégaphone tour (clique ici pour découvrir ce festival itinérant qui permet aux artistes de faire leurs premiers pas en tournée).

Nous étions quelques uns à  passer une fin de soirée dans un étrange appartement orange où rien ne paraissait réel. Je me souviens que Martin m’avait servi du vin rouge pour accompagner ma mousse au chocolat. C’est étrange parfois les souvenirs qui s’impriment sans qu’on sache pourquoi…

Jamais je n’aurais imaginé que 3 ans plus tard, je le retrouverais sur scène à La Rochelle et qu’il me toucherait à ce point.

Jamais je n’aurais imaginé non plus que, confinée chez moi pendant 8 semaines en même temps qu’une bonne partie de l’humanité, je suivrais sur les internets sa magnifique trilogie intitulée «Quand nos cheveux auront poussé». Fabriquées avec son compère Benjamin Geffen, ces trois créations mêlent musique, mots et images. En voici le dernier épisode :

Je te laisse explorer les deux autres épisodes de la série ainsi que le reste du début des œuvres complètes de Martin Luminet sur sa chaine Youtube ici et sa page Facebook là.

Sache aussi que Martin Luminet fait partie de ces artistes qui savent sublimer le noir et le rendre beau, tout en le saupoudrant d’un humour salvateur.

Il jongle joliment avec les mots pour leur faire dire le côté sombre de la force.

Ses chansons respirent la sincérité. Elles disent la vérité qui parfois fait mal et la vie qui ne ressemble pas toujours à celle qu’on voudrait.

Martin aime les mots. Il les choisit percutants et chante ses questions existentielles avec des punch-lines qui touchent directement au cœur. C’est un artiste à la fois sensible et combattant, fragile et offensif.

C’est aussi un garçon très drôle à l’ironie subtile et un chanteur de charme qui fait danser les filles (et les garçons), accompagné sur scène par le sus-nommé et très brillant Benjamin Geffen, ses machines et sa batterie. 

L’univers musical de Martin Luminet se situe aux confins de la chanson française, du rap et de l’électro. Il y a du MC Solar en lui, autant que du Delerm. Du Barbara autant que du Lomepal.

Et une chose est sûre : les chansons de Martin font un bien fou !

En février à La Rochelle, je l’avais aussi interrogé sur ses références. Il m’avait dit qu’il n’y avait pas vraiment de musique chez lui lorsqu’il était enfant. A 10 ans, son univers musical se limitait aux rares albums présents dans la voiture familiale : D’eux de Céline Dion (et Jean-Jacques Goldman), C’est déjà ça d’Alain Souchon (et Laurent Voulzy) et Notre Dame de Paris de Luc Plamandon, Richard Cocciante (et Victor Hugo).

Plus tard, vers 17 ans, il écoutait Dionysos, Benjamin Biolay, Thomas Fersen et MC Solar.

Aujourd’hui, les artistes qu’il aime sont ceux qui dégagent de la sincérité et ne cachent pas leur vulnérabilité. Il aime ressentir les faiblesses communes plutôt que les forces. Martin citait alors The Saxophones, couple d’artistes folk américain, mais aussi Marie-Flore dont il aime les textes et le rapport à l’amour sombre. Il évoquait aussi Odezenne qu’il considère comme le Oasis français et dont les morceaux le prennent aux tripes.

Si tu veux découvrir Martin Luminet, sache qu’il sera présent à La Rochelle entre le 10 et le 14 juillet, avec ses collègues de la promotion 2020 du Chantier des Francos. Il se produira à plusieurs reprises dans des lieux et à des moments différents. Le reste du programme est alléchant aussi…

N’hésite pas à aller fureter sur le site des Francofolies (par ici) pour en savoir plus !
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2 commentaires sur “Martin Luminet, la force fragile”

  1. Un bien joli article sur un artiste qui m’a surprise par sa musicalité et son charme un soir de février dans la salle du chantier des Francos ! Hâte de le revoir bientôt !

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